SOURCIER PROFESSIONNEL

GILLES POITTEVIN

Mon travail de sourcier

Lorsque j'arrive sur un terrain, je demande d'abord s'il y a un puits ou un forage chez les voisins ou une sortie d'eau en contrebas. Si un forage ou un puits est situé au-dessus ou au-dessous du terrain et que je peux le voir, cela me permet de suivre du regard la veine qui l'alimente.
Je peux ainsi voir si cette veine passe dans le terrain du client.
Je proposerai toujours de faire un forage sur cette veine car on est certain de sa présence.
En se renseignant un peu sur l'ouvrage de son voisin, le client peut connaître la profondeur de la veine et son débit.

Mais j'ai rarement ce contexte favorable et, la plupart du temps je fais une recherche classique : je parcours le terrain du regard et je décide d'abord de me rentre sensible à toutes les veines d'eau qui passent devant moi (convention mentale).
Lorsque mes yeux se posent sur une bande de terrain sous laquelle coule une veine d'eau, je ressens une petite contraction dans la nuque.
Grâce à cela je peux évaluer le nombre de veines d'eau et savoir si le terrain est porteur. Ensuite je parcours à nouveau le terrain du regard en décidant de me rendre sensible à la veine qui a le plus gros débit (celle qui émet le plus). Seule cette veine me fait réagir.

Lorsque je suis sur cette veine, je la matérialise en plantant des jalons sur chaque rive.(la rive est la limite entre le terrain immobile et le mouvement de l'eau). En voyant la largeur, j'ai déjà une idée de son débit.
Je vais ensuite regarder si une autre veine ne croise pas celle que je viens de trouver. En parcourant la veine du regard je vais avoir une sensation si une autre veine passe sur ou sous la première.
Dans ce cas, il est évident que je marquerai le point de forage au croisement des 2 veines car j'augmenterai mes chances de trouver de l'eau. Le débit de ces deux veines va s'ajouter et, si une veine se tarit, on aura toujours le débit de l'autre.
Ensuite je matérialise le croisement avec des jalons et fais quelques photos.

Enfin je vais faire l'estimation de la profondeur et du débit de la, ou des veines d'eau. Pour la profondeur j'égraine des chiffres dans ma tête en comptant par dizaine. Lorsque je ressens une sensation et que les baguettes se croisent, je reviens à la dizaine précédente et je compte par unité.
Par exemple je compte : 10 mètres, 20, 30 sensation. Je reprends alors mon comptage à 21 mètres, 22, 23 sensation ! La veine est à 23 mètres.
Pour le débit je lance mon pendule d'avant en arrière et à chaque va et vient je compte 100 (L/H), 200, 300, 400 sensation ! La veine produit à ce moment 400 litres/heure.

A mon retour, j’envoie un rapport de prospection sur lequel je rédige mes conclusions :

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